prénoms celtes : Noyale, Nolwen

par Catherine Piat-Marchand et Guillaume Kalb

Isabelle Michaut disait : « J’ai lu soigneusement votre conférence et… je me suis aperçue que j’aurai mis d’autres accents , je crois. Par exemple le prénom « marqueur géographique » ou le prénom voyageur qui permet de retracer un circuit historique de la famille. » Je reporte son propos ici car je crois qu’il se prête particulièrement à ce prénom.

Viry-Châtillon (Essonne) vue 157 le 8 juin 1904 décès de Noyale Marie Elisabeth Le BRIS âgée de 37 ans,
fille de feu Mathurin Le BRIS et de Noyale MAINGUY, née le 23 avril 1867 à Kerfourn (Morbihan)
Elle était l’épouse de Simon BIGOUIND communiqué par Anne-Marie Corréia

Kerfourn (Kerforn) est cité dès 1461. En 1677, Kerfourn est mentionné comme trève de Noyal-Pontivy. Kerfourn est érigé en paroisse en 1802 puis en commune en 1839 par un arrêté de Louis-Philippe Ier. L’ancienne limite linguistique entre le breton et le gallo était située au début du xxe siècle à l’est du territoire, entre Kerfourn et Crédin.

Noyal-Pontivy (Morbihan) vues 130 et 142 octobre 1599 baptême de Noyalla Guidenay, fille de Guillaume parrain : Jean Guy…, père de Guillaume marraine : Noyalla le Cam (*)… & le 6 août 1600 baptême de Noialla le Prinzier?, fille de Tristan …

(*) aussi marraine en 1601 de Novalla Fevri en 1601 (vue 151) et en 1602 de Noyalla Cadre (vue 170).

Noyal-Pontivy (Noal-Pondi) est mentionnée dès le Ve siècle. La cité tient son nom du gaulois Noviios (Néfué-ialon en breton) qui désigne un nouveau village (d’où aussi Noyal-Muzillac ou Noyalo), la cité légitimant par la suite son nom par référence à une sainte légendaire. A quel moment cette première étymologie ne fut plus comprise? Ce qui est certain, c’est que ce prénom ne paraît pas sur les plus anciens registres avant 1599 .

sainte Noyale

Sainte Noyale serait la fille d’un prince de Grande-Bretagne, issue de l’émigration bretonne (*) en Armorique au VIe siècle.

(*)Les causes des mouvements migratoires de la Bretagne vers l’Armorique à la fin de l’Empire romain sont encore en débat : instabilité politique et arrivée des Saxons en Bretagne cf. Armel, ou aléas climatiques… ? Les pays développés qui se crispent aujourd’hui sur la protection de leurs frontières au point de construire des murs et de laisser crever en mer nombre d’Africains (que l’Europe a su si bien exploiter au temps du colonialisme) auraient bien besoin de réviser l’Histoire du temps long. J’ai tordu si souvent les programmes en cours de latin pour pouvoir aborder ce problème des migrations, et même qq aspects de l’histoire de l’Eglise (On ne parle pas de l’Eglise dans une nation laïque!). Quand j’ai commencé ma carrière de prof, il n’y avait que des indications de programme et nous étions libres de choisir et de nous adapter à la curiosité (et au niveau) des élèves pour les porter plus haut. Un programme, c’est comme un mur. Je ne sais qu’une chose : comme on ne peut rien contre la force de l’eau, on ne peut pas arrêter les migrations, et le dérèglement du climat qui se prépare nous invite d’autant plus à y réfléchir.

Sainte Noyale était, nous dit la légende, la fille d’un roi de Cornouailles. D’ailleurs là-bas à Newly West est vénérée aujourd’hui encore une sainte Newlyna dont la légende est très proche. Très proche est aussi la légende de Sainte Gwenvred au VIIème siècle à Gwynedd dans le Nord du Pays de galles. Comme beaucoup de ses compatriotes, Noyale choisi de venir évangéliser l’Armorique. Elle quitte donc le château paternel et en compagnie de sa nourrice, traverse la Manche sur un tronc d’arbre. Toutes deux accostent à Vannes et là, Noyale décide de gagner l’intérieur des terres afin de se livrer à la pénitence. Arrivées à Bignan au village du Bézo, elles rencontrent Nizan, un riche et tyrannique seigneur, qui s’éprend de la beauté de Noyale et veut lui imposer le mariage. Mais Noyale lui répond avec raison qu’elle n’a pas quitté une maison royale pour venir chercher un parti en Armorique. Furieux d’une telle réponse, Nizan ordonne de la décapiter sur le champ. La future sainte n’a pas terminé pour autant son pèlerinage et ramassant sa tête qu’elle tient dans son giron, accompagnée de sa nourrice et escortée par un ange, elle se met en marche vers un lieu qu’elle choisira pour sa sépulture. Comme elle traverse le village du Hemborh en Naizin, Noyale entend une femme blasphémer et refuse d’être enterrée en ce lieu car, dit-elle : « J’aurai toujours dans l’oreille le cri de cette misérable maudissant le nom de Dieu ». Elle continue donc sa marche mais en arrivant au bourg de Noyal-Pontivy, elles voient une mère et sa fille se disputer, la fille accablant la mère des mots les plus malsonnants. « Non vraiment je ne veux pas rester ici car je ne supporte pas les enfants qui insultent leurs parents ». Les deux compagnes atteignent bientôt un vallon où, fatiguées, elles s’assoient sur une pierre. Du cou de Ste Noyale tombent trois gouttes de sang, aussitôt trois fontaines limpides jaillissent là où le sang a touché le sol, tandis que son bâton planté en terre devient une aubépine à fleurs blanches. Après s’être reposée sur une pierre qui aujourd’hui encore conserve la trace de son corps, Noyale s’engage dans un chemin creux qui s’appellera longtemps « la voie sainte » et arrive dans un endroit désert. Elle déclare alors à sa nourrice : « C’est ici que je veux être enterrée » et on dit que l’aubépine trembla pendant que la vierge trépassait.

Cet endroit est aujourd’hui le village de Ste Noyale où s’élève une magnifique chapelle (XVe s.). Noyale ou Noluen est la patronne de Noyal-Pontivy, un jubé du XVIème siècle décrivait la vie et la mort de la sainte, enlevé en 1684. Ces panneaux sont conservés jusqu’à la fin du XXème servent alors de modèle pour les vitraux du chœur de l’église paroissiale, seul l’épisode de l’ange n’est pas repris. Elle est aussi vénérée à Bignan et à Questembert où elle a une chapelle, elle fut aussi après St Martin et jusqu’à la révolution, la seconde patronne de Noyal-Muzillac. Enfin Pluvigner, St Gérand et Croixanvec possèdent des statues de la sainte.

source : https://lessaintscephalophores.wordpress.com/2017/02/23/les-saints-cephalophores-en-bretagne/

Dans le bourg, se déroulait une cérémonie issue d’un vieux culte agraire : les vaches de la paroisse étaient amenées au cours d’une procession jusqu’à la fontaine de Sainte-Noyale, à deux kilomètres de là.

Les Noyale, Nolwen, Noluen formées sur les radicaux « anoan, agneau et gwenn, blanc, sont célébrées le 6 juillet.

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