Borromée

par Catherine Piat-Marchand

(Haute-Marne) 1812 décès de Charles Borromée Delecey, époux d’Antoinette Catherine Genevois

Il est le fils d’Antoine Christophe (1689, Langres-1761, Langres) et de Marie Catherine Charlot de Rimaucourt : le couple se marie à Varennes-sur-Amance et demeure à Récourt.

Charles Borromée (1538-1584)

Charles , fils de Gilbert Borromée & de Marguerite de Médicis, naquit à Milan en l’année mil cinq cent trente-huit. Engagé dans la Cléricature dès sa plus tendre jeunesse, & pourvu de bénéfices, son premier soin fut d’avertir son père de ne point se servir des revenus de l’Eglise pour augmenter les biens de sa maison : lorsqu’il commença à en administrer lui-même les revenus., il en donna avec une exactitude scrupuleuse tout le superflu aux pauvres. Il alla à Pavie pour étudier les lettres humaines. A peine eut-il atteint l’âge de vingt-trois ans, que Pie quatre, son oncle, l’éleva à la dignité de Cardinal, & lui confia les plus importantes affaires de l’Eglise, qu’il géra avec une fidelle & religieuse application. Créé Archevêque de Milan, il fit de fortes instances auprès de son oncle pour obtenir la permission d’aller gouverner lui – même son Eglise, voulant se conformer en tout aux decrets du saint Concile de Trente, qui venoit d’être heureusement terminé par ses soins. Arrivé dans son Diocèse , il y assembla plusieurs Synodes , & plusieurs Conciles provinciaux , pour le rétablissement de la discipline Ecclésiastique. On ne le vit jamais sortir de son Diocèse, qu il n y sût contraint & forcé par de pressans besoins ; & alors il ne le faisoit qu’après en avoir obtenu la permission du souverain Pontife, ou du moins l’agrément du plus ancien Evêque de la Province. Il travailla avec zèle à combattre les hérétiques qui infestoient du poison de leurs erreurs le pays des Grisons & des Suiffes , & en ramena plusieurs à la foi. Ardent à procurer par toutes sortes de moyens l’intruction des peuples qui lui étoient confiés, il rétablit dans toutes les villes & les villages de son Diocèse de pieuses sociétés & écoles de la doctrine chrétienne, pour apprendre aux pauvres & aux ignorans les principes de la foi, & les élémens de la Religion chrétienne…

Il donna des preuves éclatantes de sa charité envers les pauvres ; lorsqu’ayant vendu sa principauté d’Oria , il leur en distribua en un seul jour tout le prix , qui montoit à quarante mille écus d’or. Il fit le même usage d’une somme de vingt mille écus dont il venoit d’hériter. Son détachement alla plus loin : il se démit de tous les bénéfices, charges et dignités dont son oncle l’avoit comblé. Lorsque la peste ravagea Milan , pour se mettre en état de nourrir les pauvres, il vendit tous les meubles, jusqu’à son propre lit, ne couchant plus depuis que sur un ais. Il passoit les jours & les nuits à veiller mes pestiferés de la ville & du Diocèse fournissant à tous abondamment les secours temporels & spirituels dont ils avoient besoin ; mais rien ne ,consolois davantage ces malades, que de. recevoir de sa main les derniers Sacremens. Sa tendresse & sa compassion pour les orphelins étoit si grande, qu’il ne craignit pas de retirer de ses propres mains un de ces en-sans de la mammelle de sa mere, qui etoit morte de la pesse. Pour faire cesser ce terrible fléau, il eut recours à de ferventes & humbles prières. Il indiqua des processions , où on le vit marcher comme un criminel, la corde au comportant une croix, les pieds nuds & tout ensanglantés, s’offrant à Dieu comme une victime d’expiation pour les péchés de son peuple. C’est ainsi qu’il travailloit efficacement à apaiser la colère de Dieu. Il soutint les droits & les libertés de l’Eglise avec une fermeté & un courage invincible. Lorsqu’il travailloit à rétablir parmi les Religieux une exacte régularité, un Moine pervers, de l’ordre des Humiliés, lui tira un coup d’arquebuse dans le tems qu’il faisoit selon sa coutume la prière du soir avec toute sa maison. Mais par la protection de Dieu, il n’en reçut aucune atteinte.

gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9771415k/texteBrut

;

Laisser un commentaire