par Catherine Piat-Marchand et Guillaume Kalb
Plusieurs fois, nous nous sommes posé la question de l’influence littéraire sur le choix des prénoms : cela semble être le cas ici comme pour Polydès. La forme Charikle(i)a est encore en usage au XIXe s. en Egypte, Grèce, Turquie et Bulgarie et… dans les Bouches-du-Rhône.
Montfort-l’Amaury (Yvelines) 1MPIEC 48 vue 23 le 27 septembre 1614 baptême de Jeanne Gravier, fille de Jacques et de Martine du Val parrain : Claude Tourette, avocat marraine : Caricléa de Bazemont, femme de Jean Morineau, prévôt de cette ville

Leur fille, Françoise, épouse le 17 juin 1619 Guillaume Berthault (vue 22 mariage non filiatif) : elle est née le 2 mai 1598.
Je trouve une dame Caricléa de Basemont mariée à noble homme Jean Morineau dans une revue d’une société historique de Seine-et-Oise (Rambouillet) du fin 19e siècle. Trop de travail de lire les centaines de pages, mais il doit s’agir de la même famille : comme on indique Neaufle-le-Chastel, tout près de Monfort-l’Amaury, et comme cela doit être relaté à un fait en 1723, j’en conclus (peut-être un peu trop rapidement) qu’il s’agit d’une parente de Caricléa de 1614.
Un très beau prénom…et quelle belle signature de cette dame en 1614! L’origine de ce nom se trouve dans un livre très, très vieux : Aithiopika, en français aussi nommé Etiopiche ou « Les aventures de Théagène et Charikleia/ Chariclée » L’écrivain était le sophiste Héliodore d’Emesa (Syrie), 3e ou 4e s. Ce roman érotique en 10 tomes se joue pour une grande partie à Delphi (Egypte) et finit en Ethiopie.
On a longtemps pensé que c’est un évêque en Thessalie (Grèce) avait écrit ce livre dans sa jeunesse. Devenu évêque le synode de Thessalie aurait ordonné qu’il brûlerait cet écrit ou qu’il abandonnerait ses fonctions ecclésiastiques. Il a choisi ce dernier. Mais…l’histoire est trop belle, l’opinion générale est qu’il y a bien eu un évêque de ce nom en Thessalie mais qu’on a affaire à 2 homonymes et que l’écrivain avait écrit ce livre dans le seconde moitié du 3e siècle et que l’évêque a vécu plus tard tout au 4e siècle.