par Catherine Piat-Marchand
Rostagnus ou Rostandus est une latinisation d’un prénom germanique commun au Moyen Âge , en particulier en Occitanie . Il dérive de la «renommée» proto-germanique * Hrōþi- (voir Roland) et de la «pierre» *stainaz . Il est attesté sous la forme du vieux haut allemand Hruodstein. On peut jouer avec ce prénom au jeu des 7 familles. Mais ce qui m’intéresse surtout est de trouver en Haute-Marne la présence de ces familles.
Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) 1MI5/0015 vue 39 le 10 août 1542 baptême de Catherine Sigaut, fille de Pierre parrain : Rostan Fabre…
Il y en a d’autres avant cette date.
Barbentane (Bouches-du-Rhône) vue 1 le 9 janvier 1610 baptême de Rostang de Ville, fils de Jean dit Mailhane et de Françoise Reynaud
Ondoyé pour péril de mort, le nom des parents ni de son parrain n’est pas indiqué : ça ne peut être que lui. Le prénom n’est pas attesté à Barbentane entre 1595 et 1610.
Tous les Rostang suivants que j’ai vus tenait leur prénom de lui : il est parrain de Rostang VAILHER ° 1635, GIRAUD ° 1639, ROLAND , JULIET,° 1640, AMIEL ° 1641, RAOULX ° 1642, MILLET ° 1644, MILLET , VIAU, BIGUIER, GERARD ° 1645 MILLANDON , GIRAUD , RAOUX ° 1646, CHABERT ° 1647 à Barbentane
Rostaing de Ville épouse Louise de la Font dont il a plusieurs enfants entre 1637 et 1658. Deux d’entre eux Marie Anne et Louis (II) se trouvent à Coiffy-le-Haut (Haute-Marne) où Louis épouse en 1679 Etiennette Macheret. (CM à Montcharvot) et en secondes noces Edmée Thérèse Legros. Leur frère cadet, Louis (III) de Ville, notaire à Barbentane, a un fils, Etienne, aide major au rgt de Meuse qui décède à Marsal (Moselle).
Rostaing ou Rostany, comte de Gérone
Noble franc, il est élevé au rang de comte de Gérone à l’époque de Charlemagne . Au printemps 800, il mena ses chevaliers avec Louis le Pieux pour participer à la campagne qui culmina avec le siège et la chute de Barcelone , destituant le dernier souverain arabe de la ville Sa’dun al Ruayni . En 1466, Jean (I) d’Anjou (1425-1470), marquis de Pont-à-Mousson, est héritier présomptif du royaume de Naples et de Gérone.
Rostaing (I), archevêque d’Arles (870-913)
César de Nostradamus, fils de Michel, dresse en 1614 l’histoire de la Provence et cite successivement comme évêques d’Arles, liste non exhaustive : César/Césaire, Présayus, Aurélien, Hytérius, Virgile (588-610), Théodose (632-650), Jean(651-675), Austrobert, Aurèle, Martin (720-725), Innodius, Ratbert/Rambert (789-769), Virimare, Alard, Loup, Notus, puis Rostaing.
D’abord abbé d’Aniane (Hérault), il reçoit l’archevêché d’Arles en 870 et et soutient le coup d’État de Boson contre les Carolingiens en 879.
On croit que Rostang meurt en 913. Le siège d’Arles demeure vacant pendant un an, après lequel, Pons, évêque d’Orange, est nommé pour le remplir; mais ce dernier n’en prend pas possession.
Rostaing de Sabran, évêque d’Uzès (945)
Rostaing, évêque d’Apt (951-955)
Il est neveu du comte d’Apt surnommé Griffon
Une copie de charte datée de 1088, acquise par nous de la collection André Marius Garcin érudit aptésien (1821-1906) fait état de la donation à l´église d´APT sous l´épiscopat d´Alphant (*) d’Agoult (1048-1075 ou 80) de plusieurs chapelles par deux frères Rostan et Guillaume (Rostagnus et Guillelmus), fils de Guillaume d´Agoult, seigneurs de Saint Martin de Castillon…Tout laisse cependant supposer qu´il s´agirait plutôt d’ une église sise sur le territoire de Saint Martin de Castillon.
https://www.luberon-news.com/une-histoire-du-luberon.php?id=3871
(*) Alfant est le neveu de Raimbaud de Reillanne, archevêque d’Arles. Il avait comme frères Hugues, évêque de Senez, Pons, évêque de Glandèves, ses aînés, Rostang et Guillaume d’Agoult, étaient coseigneurs d’Apt, Caseneuve, Goult, Castillon, Gordes, etc. Successeur sur le siège épiscopal d’Apt d’Étienne d’Agde, il fut élu à l’âge de vingt-cinq ans. Un acte du Cartulaire de l’Église d’Apt loue sa science, son éloquence, son érudition et son zèle.
Rostan d’Aramon, commandeur de Montfrin (1206-1210)
Commandeur de la commanderie templière de Montfrin, il succède à Guillaume Rostan.
Rostaing de la Capre, archevêque d’Arles (1286-1303)
Né à Grans (Bouches-du-Rhône), il est inhumé à l’église Sainte Trophime d’Arles. C’est sous son archiépiscopat qu’éclate, en 1290, la querelle entre Antonins et les bénédictins de Montmajour à propos des reliques de Saint-Antoine.
Rostaing fait bâtir le château de l’Eméri à Salon-de-Provence, achète celui de Trinquetaille (quartier d’Arles) ainsi que plusieurs propriétés à Montdragon (Tarn).
Parmi la famille de Montdragon, retenons Gabrielle épouse de Guillaume d’Ancezune,seigneur de Caderousse (Vaucluse) : leur petit-fils Jean (II) fut lieutenant général du royaume d’Ecosse. Ce dernier épouse en 1546 Philiberte de Clermont dont il a Rostaing Cadart? d’Ancezune, époux de Madeleine de Tournon.
Toujours dans le Vaucluse, remarquons que Louis Armand de Simiane, né à Gordes en 1627, fut évêque de Langres (Haute-Marne) en 1677. Fils de Balthazar (1562-1586), il avait pour oncle par alliance Rostaing d’Urre, fils du gouverneur de Crest (Drôme).
Rostaing de la Baume, évêque d’Orange (1543-1556)
Fils de Pierre (III) de la Baume (de Suze-la-Rousse), il décède en 1556. Son petit-neveu, Rostaing (II) de la Baume, 2nd marquis de Suze, épouse Madeleine Desprez : leur fille, Marguerite (IV), épouse en secondes noces Henry (I) de Beaumanoir, et décède en 1649 à Malicorne (Sarthe).
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A cause de la proximité des lieux, il est probable que Rostaing de Ville tienne son prénom indirectement soit de Rostan d’Aramon, soit de Rostaing de la Capre, archevêque d’Arles (et à cause de ses liens à Montdragon), soit de Rostaing de la Baume, évêque d’Orange.
de Rostaing, titre et patronyme
Plusieurs familles (ou branches?) portent ce titre : l’une est originaire du Forez (1453), une autre se trouve vers 1570 à Chevrières (Oise) et Miribel (Ain?).
Une autre représentée par Louis, écuyer de la ville d’Aix-en-Provence, époux d’Anne Fabry, a une descendance à Courcelles-la-Forêt (Sarthe) (1645). Notons que leur fils Jean épouse en 1637 Françoise de Voynes, donnée pour fille de Pierre et d’Eléonore de la Font. Nous ne pouvons exclure que Louis de Rostaing soit la même personne que Louis de Volantin, sieur de Rostaing, époux de Renée de Daillière, dont Catherine née à Malicorne en 1607.
Par ailleurs, les enfants de Claude (le) Camus, sr de Rostaing, décédé en 1653 à Saint-Rémy-sous-Broyes (Marne), portent ce titre : il semble être le beau-frère de Pierre du Val qui épouse en 1631 à Sézanne Marie (le) Camus.
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Cet article ne peut être complété que grâce à la collaboration de plusieurs départements. Nous aimerions y voir s’impliquer des chercheurs du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône.