par Catherine Piat-Marchand et Guillaume Kalb
Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime) vue 33/89 le 11 août 1546 baptême d’Aliénor Lulouyer?, fille de Jean marraines : Aliénor Capperon et Laurence le Febvre parrain : Jean Simon
La Chapelle-Launay (Loire-Atlantique) vue 73 le 20 décembre 1568 baptême d’Alienor Audren, fille de Guillaume et de Perrine Michel parrain : Vincent Michel marraines : Alienor Henotand, veuve de Guillaume Even et Perrine Menant, femme de Sébastien le Gendre
Penmarc’h (Finistère) 3 E 196/1 vues 31, 29, 169,184 et 200 le 22 février 1615 baptême d’Estherine, fille de Pierre Chastel et d’Azenora Boutenou… & le 3 juin 1616 baptême d’Adenora le Plomb, fille de Guillaume et d’Yvette Laurans parrain : Nicolas Quere marraine : Estherine Longer & le 20 octobre 1617 baptême de Guillaume, fils de Basca? Parisset et d’Aliénore Quosquet … & le 30 avril 1621 baptême d’Adenora Pezere?, fille de Jean parrain : Yves Garo marraine : Marie Brizel & le 25 octobre 1625 Adenora (Alienora) Marlon, marraine [ép. Nicolas Quere]
Mayenne (Mayenne) par. Notre Dame vue 219 le 19 juillet 1633 baptême d’Aliénor Cousin, fille de Michel, sieur de la Cruchière et d’Aliénor Bacconière parrain : François Lamy marraine : Aliénor le Bourdais dépouillement de Nicolas Debon
L’Aigle (Orne) paroisse saint Jean vue 102 le 24 janvier 1639 baptême de François du Bois, fils de Pierre et Aliénor Mauduit parrain : François le Cornu marraine : Barbe le Cornu, fille de Gilles
Aliénor d’Aquitaine
sa jeunesse
Aliénor d’AQUITAINE ou Eleonore / -nora / -nor / -noor / Eleanore est aussi appelée Aliénor de GUYENNE. Son nom est un prénom de langue d’oc qui signifie : « l’autre AÉNOR » puisque sa mère s’appelait AÉNOR.
Elle est née probablement en 1122, le OÙ est un point de discussion et incertitude, chaque lieu possible se présente comme lieu de naissance (Bordeaux au palais d’Ormière? À Nieul-sur-l’Autize (Vendée)? ou encore ailleurs dans l’Aquitaine? Elle est la fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine et Aénor de Chatellerault et petite-fille de Guillaume IX qu’on dit d’avoir été « le premier troubadour » et…sur ce point, elle a été un vrai (petit-)enfant de lui!
Elle avait un frère Guillaume Aigret et une soeur Pétronille. Sa mère meurt en 1128.
Elle a été elevée 1. à une des cours les plus raffinées du 12e siècle (où est née « l’amour courtois » et 2. dans diverses résidences à Poitiers, à Bordeaux et au château de Belin. Elle a toujours préféré Poitiers. Elle apprend à lire et écrire le latin; elle apprend la musique et la littérature mais aussi monter à cheval et chasser. En 1130, son frère Guilaumme Aigret meurt, elle est donc l’héritière : en 1136, les seigneurs d’Aquitaine lui jurent fidélité, alors elle a 14 ans. En 1137, son père meurt à 38 ans pendant un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle. C’est la fin de sa jeunesse, entrée soudaine non seulement dans ‘la pleine vie’ mais aussi ‘au pouvoir’!.
Elle se marie à 15 ans avec le dauphin Louis qui a un an de plus, le 25 juillet au Palais d’Ombrière. Ce mariage a lieu soit
1. à la demande du père mourant, craignant qu’elle soit enlevée et épousée par un de ses vassaux
2. que Louis VI, le roi, prenait la tutelle féodale et la mariait à son fils à cause de son dot très important. Jugez en vous-même : Guyenne, Gascogne, Poitou,Limousin, Angoumois, Saintonge, en tout 2 fois si grand que le part de Louis!
Le 8 août de cette année, le couple est couronné comme ducs d’Aquitaine mais….ALIÉNOR reste duchesse d’Aquitaine, un éventuel fils serait ROI de France et DUC d’Aquitaine. Ils apprennent que le roi Louis VI est décédé le 1er août et ces jeunes mariés de 16 et 15 ans seront donc Roi et Reine de France. A Noël 1137, Aliénor est couronnée reine à Bourges (Louis VII avait déjà été couronné lorsqu’il avait 9/10 ans après la mort de son frère aîné Philippe +1131) et Louis a été recouronné.
Aliénor à la Cour à Paris
Voilà notre fille du Sud dans la cour à Paris. Une cour plus sobre, moins culturelle que celle d’Aquitaine. Elle déplaît…comme elle est « autre » avec ses goûts luxueux, ses beaux tapis, ses bijoux, ses robes, ses troubadours. Elle y rencontre un atmosphère froide, réservée. Les conflits ne se font pas attendre : 1. Sur le plan personnel, il est vite clair que les tempéraments de ces 2 époux sont très difficiles (ou même impossibles) à vivre harmonieusement. Louis a été élevé plutôt au monastère qu’à la cour. Comme 2e fils, il était destiné à un carrière cléricale et c’était le grand SUGER, premier conseiller du roi, qui s’en occupe, même après la mort du fils aîné. Probablement une éducation austère, ascétique lui convenait mieux que celle d’Aliénor. Aliénor réussit à éloigner Suger de Louis. Son idée sur son époux est bien claire : »Je me suis mariée avec un MOINE ». Louis n’est pas seulement dévot et ascétique mais aussi maladroit et naïf envers une Aliénor avec un caractère – et personnalité forte et indépendante.
2. L’attitude de la cour est claire autour un incident concernant le troubadour MARCABRU, qui était déjà avec elle à Poitiers. Il est chassé de la cour par Louis VII. En chantant, il avait déclaré son amour pour Aliénor (l’amour courtois, n’est-ce pas?). Chose étonnante est bien qu’on connait 43 de ses poèmes dans lesquels il dénonce la lascivité des Femmes….et critique l’amour courtois!?
3. La Politique. Pas mal de décisions du jeune couple sont considérés comme déséquilibrées, impulsives…..mais faut-il leur reprocher ça? Deux jeunes, un grand royaume plein de conflits, d’interêts contradictoires. Une Reine avec une grande volonté d’affirmnation de soi, sans un ‘guide’ fiable. L’exemple le moins compliqué et plus claire est une intervention d’Aliénor. Elle pousse le roi à dissoudre le mariage de Raoul de Vermandois et Eleonore de Blois (x en 1120) car sa soeur Pétronille (née vers 1125) avait laissé tomber son oeil amoureux sur Raoul qui était à la cour comme elle. Louis consentit. L’épouse mise à la poubelle court vers son frère, Thibaut IV de Blois, comte de Champagne. Celui-ci n’était pas amusé qui commence une campagne contre Louis : en Champagne où e roi de France incendie l’église de Vitry-en-Perthois (.Marne) où les habitants s’étaient réfugiés. Alors l’Église se dresse : un mariage légal dissous, l’inviolabilité d’une église (droit d’asile!) gravement violée. Le Pape saisit l’instrument le plus efficace : l’ INTERDIT papal, même si ‘les vedettes’ personnellement hausseraient leurs épaules…la population médiévale se sentait très menacée et le clergé soufflait avec plaisir sur la flamme pour agrandir l’angoisse.
Vue l’éducation de Louis, il n’est pas indifférent à cet Interdit et Aliénor est impressionnée aussi. Elle a encore une autre raison de vouloir lever cet Interdit, elle veut des prières car….après sa fausse couche de 1138, elle n’avait pas eu d’enfant, ce qui était pourtant sa tâche principale!
Pour « attendrir » l’Église, Aliénor stimule son époux de participer à la Croisade (ci-dessous).
Le mariage de Raoul avec la soeur d’Aliénor a tenu 10 ans : 1142-1151 et ils ont 2 enfants : Elisabeth (1143) qui se marie avec Philippe d’Alsace (demi-frère de Raoul! Comment consanguinité??) et Raoul (1145) dit le Lépreux (donc il est mort en 1167 sans qu’il ait pu consommer son mariage de 1160 avec Marguerite d’Alsace. Cette famille d’Alsace se concentre en Flandres car aussi Raoul de Vermandois était un fils de Thierry d’Alsace, comte de Flandres. Et…si vous savez qu’en divorçant en 1151, il se remarie une 3e fois avec Laurette…….D’ALSACE (soeur de Philippe). Pour elle,c’était son 3e mariage (sur 4) aussi. En octobre 1152 Raoul décède déjà. Rien qu’en regardant ces derniers mariages, on parlerait plutôt d’inceste que de consanguinité et alors on comprend mieux les prescriptions de l’Église sur ce terrain. J’ajoute tout de suite que l’Église s’en fichait pas mal de ces liens trop proches, mais cela donne l’Église une arme redoutable pour tenir (surtout) la Noblesse bien court.
la Croisade
Une des choses que je n’ai pas pu résoudre : pourquoi l’union Raoul et de Pétronille a pu rester intacte ? Car..il faut savoir que ce Raoul était un des plus importants nobles du royaume. Lorsque Louis partait en Croisade (1147 – 1149), c’était lui et Suger qui servaient comme régents du royaume! Comme nous l’avons dit, c’était Aliénor qui a poussé Louis VII à y participer. Le premier sermon en France pour appeler de « prendre la croix » fut en mars 1146 par Bernard de Clairvaux. Il est vrai en 1145 Aliénor a donné vie à un enfant, MARIE (x 1164 Henri de Champagne) mais….ce n’était pas un DAUPHIN!
En 1147 Louis VII part en croisade accompagné….d’Aliénor. Drôle? Non, c’était habituel! Les bagages qu’elle traînait avec elle …incroyable! Puis un grand cortège de personnel et de serviteurs. Le voyage lui plaisait bien. Impressionnée par Byzance et sa culture, visite à son oncle qu’elle aime bien (« trop » selon plusieurs sources mais sur ce point, je reviendrai). Cet oncle règne sur Antioche, une des 4 places-fortes de l’Ouest, Raymond de Poitiers (frère de son père), prince d’Antioche. Rien que pour arriver à Antioche, cela demande une énorme peine. À Antioche, Aliénor est vraiment contente de retrouver son oncle, elle veut l’aider militairement car sa position n’est pas tellement confortable.
Elle essaie de persuader Louis de la nécessité d’assistance militaire mais pour Louis, il n’y a qu’un but : JÉRUSALEM! Si le lien entre sa femme et l’oncle a joué un rôle, a causé une jalousie, on ne le sait pas. Le fait est que la relation entre les 2 époux se dégrade et est visible à l’entourage. Il y a là un vraiment grand conflit et c’est là qu’Aliénor avance l’idée d’un divorce pour cause de consanguinité! Cette idée a dû offusquer Louis beaucoup, pas parce que cette consanguinité lui serait inconnue mais….le fait est que c’est elle qui lance cette idée, elle, une femme, voyons!
Les sources parlent d’ALIÉNOR comme adultère, nymphomane, attitude incestueuse mais….ces sources se trouvent surtout dans « le camp adverse » c.a.d. celui de Louis VII et Philippe Auguste donc le ‘camp capétien’. Les chroniqueurs de leur cour saisissaient chaque occasion de la blâmer (e.a. pour la mort de Rosamond CLIFFORD, la maîtresse de Henri II (voir ci-dessous)
Un fait qui est sûr : l’idée d’un divorce jouera jusqu’à la rupture définitive en 1152. En 1149, lorsque Louis VII veut divorcer aussi, Suger et pape Innocence II arrivent à une réconciliation après que les 2 époux sont retournés séparément de la Terre Sainte et Aliénor encore capturée par des pirates grecs.
En 1150 est née leur 2e fille ALIX (+ 1195) mais la rupture est inévitable. Le 21 mars 1152, le synode de Beaugency (entre Blois et Orléans dans la vallée de la Loire) décide à un divorce basé sur consanguinité du 4e et 5e degré. Cette rupture a de grandes suites pour le Royaume de France car Aliénor prend sa dote avec elle……et elle l’apporte dans son 2e mariage….2 semaines plus tard!
Cet aperçu non-complet vous donne une vue sur sa vie jusqu’à ce qu’elle avait 28 ans, pas mal, bien d’aventures, – d’émotion, – de voyages.
Aliénor et Henri Plantagenêt
(à suivre)
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